"Le temps passe plus vite quand il est pressé
Le content passe plus vite quand il est compressé."

Duchamp Duchamp


"J’ai toujours un peu détesté le théâtre parce que le théâtre c’est le contraire de la vie : mais j’y reviens toujours et je l’aime parce que c’est le seul endroit où l’on dit que ce n’est pas la vie."
Bernard-Marie Koltès

Notre projet est de faire expérimenter au public sa situation même de spectateur, en mettant en avant les relations qu’elle implique au temps et à l’espace, et les comportements qu’elle induit (attention, perception, mémoire). Le dispositif mettra en valeur, à partir d’images, de sons, de textes, par notre présence physique ou par la manipulation d’objets, quelques-uns des schémas qui fondent notre compréhension de la représentation.

Le point de départ concret de notre réflexion sur la représentation et le temps (des arts plastiques au spectacle vivant en passant par la vidéo et ce qu’elle emprunte au cinéma : cadrage, montage, etc) est un fait-divers. Un jour, une personne a accroché une œuvre1 dans un grand musée d’art moderne et contemporain. Les conservateurs ont mis, semble-t-il, plusieurs semaines à s’apercevoir de la supercherie. Encore aujourd’hui, ils ne peuvent parler que du moment où ils en ont pris conscience. À partir de cette performance, on assiste aux tentatives d’élaboration d’une vidéo, mêlant fiction et documentaire. Il ne s’agit pas de projeter un film, mais de se projeter dans l’idée d’un film. Le spectateur, en voyant des états du travail, des rushes et des fragments de montage, est amené à observer la manière dont se construit la représentation et à expérimenter la complexité des mécanismes qu’elle met en jeu (l’expérience du spectacle n’est pas "disembodied", la culture est incarnée dans un corps adapté2).

Nous reprenons un thème déjà abordé dans « Le Vivarium », performance sur un texte de Georges Didi-Huberman (« Phasmes ») dans lequel il s’interroge sur la dissemblance : quand tout d’un coup dans la vitrine qui semble vide, nous ne voyons plus des feuilles mais une multitude d’animaux. Nous nous intéressons à ce moment de la bascule. Nous y retrouvons ce qui fondait pour Vertov le montage cinématographique : c’est dans l’intervalle entre deux plans que se fait le sens. Quel que soit le mode de représentation, l’expérience du spectateur ne se situe-t-elle pas toujours dans l’entre deux ?

1Il s’agissait sans doute d’une performance d’Art Tangent.
2Emprunt à Laurent Jullier, « Cinéma et Cognition ». Il remarque que "désincarné", en français, véhicule la connotation de chair et que le terme anglais est plus neutre.






Aperçu des vidéos transmises en duplex via Internet

A- Les participants au colloque (de gauche à droite) : Madeleine Baker, Jack O’Metty et Marcel (captures d’écran)
B- Les participants au colloque (de gauche à droite) : Madeleine Baker (avec sa poule), Jack O’Metty et Marcel (captures d’écran)
C- Au centre, Karol Knowing au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, à gauche, Le Penseur de Rodin et à droite Marcel qui pense (captures d’écran)
D- Interview de Carol Knowing par Hélène Polher au Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (captures d’écran)
E- Poursuite de Carol Knowing et Plastik Bull autour d’une œuvre de Matthieu Mercier, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (captures d’écran)




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 L'Art Tangent, exposition


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